Cette page a pour but de faciliter le travail des généalogistes en recherche d'un ancêtre sur le village de Fréterive. Elle s'adresse également à toutes les personnes intéressées par l'histoire de la population du village .
On y trouvera l'état civil retanscrit dans son intégralité pour la période 1800-1895, la transcription de deux recensements (1560 et 1840) et la liste des propriétaires de maison en 1730. Enfin je donne l'étymologie des  noms des princpales familles.

L'état civil

Les registres d'état civil :

L'état civil nous renseigne sur l'origine des familles et  leur évolution dans le temps. A Fréterive les documents conservés remontent au début du XVII eme siècle, mais avec beaucoup de pages illisibles ou manquantes pour les registres les plus anciens. A partir  de 1680, les registres sont complets à quelques exceptions près, notamment dans la période révolutionnaire.

La démographie :

Le recensement pour la gabelle du sel de 1561, nous donne un nombre d'habitants de 347 à quelques unités près (il semble que les ecclésiastiques et les nobles n'aient pas été recensés car exemptés de la gabelle). Le recensement suivant n'a lieu qu'en 1770, il donne une population de 522 habitants, population qui continue à croître jusqu'en 1860 pour atteindre le chiffre de 940 habitants, ensuite la population décroit régulièrement. Plusieurs facteurs jouent sur la démographie. Les épidémies , le climat et  les guerres sont des freins à la croissance, par contre  les progrès concernant l'agriculture, l'hygiène et l'industrie sont  des accélérateurs provoquant  l'émigration définitive.
  •  Le climat :  de 1680 jusqu'à la révolution,  un climat  extrement rigoureux s'installe sur toute la Savoie. A des hivers très rudes où vignes, noyers et chataigners gèlent, succèdent des années où les gelées tardives détruisent les récoltes. Les étés ne sont pas  épargnés, les étés diluviens alternent avec les étés stériles. Dans toute la Savoie, on fait appel aux prêtres soit pour bénir les glaciers et empêcher leur progression inéluctable, soit pour organiser des processions pour empêcher la pluie et la grêle, soit pour appeler la pluie. Dans le troisième onglet de ce site, on donnera quelques témoignages des ces extrêmes climatiques.
  • les guerres :  la stratégie instable des ducs à la fin du XVI eme siècle, et tout au long  du XVIII eme siècle entraîne  une politique d'alliance sans continuité et provoque l'invasion du duché à plusieurs reprises. Les Français occupent la Savoie d'août 1690 à l'automne 1696 et de novembre 1703 au printemps 1713 ;  en septembre 1742 c'est au tour des troupes espagnoles de l'infant Don Philippe de s'installer dans le duché  jusqu'en 1749. Si les épisodes guerriers ne causent pas forcément de fortes pertes , le va et vient des troupes, les pillages et incendies sont redoutés. Plus encore le logement des soldats,entraine des dépenses lourdes pour la population d'autant que l'occupant exige  des impots  insuportables. Ces faits de guerres qui se superposent aux conditions climatiques extreme, sont catastrophiques pour la population. Fréterive est particulièrement concerné par ces épisodes guerriers car elle occupe une position stratégique avec son pont  au carrefour des routes conduisant vers Turin.
      Au XIX eme siècle, les guerres napoléoniennes puis les campagnes d'Italie sont des guerres            lointaines qui mobilisent des troupes.
  • Les épidémies  : au moyen age, les épidémies de peste entrainent avec elles l'arret de l'activité économique, avec l'interdiction de circuler, le commerce, les foires sont interrompus causant disette et misère. Ces épidémies meurtrières se prolongent jusqu'aux années 1630. Par la suite les épidémies plus classiques ne sont pas moins meurtrières , elles frappent enfants et adultes y compris au XIX eme siècle.
  • Les progrès agricoles  : si pomme de terre et mais apparaissent en Savoie vers 1720, ils ne deviennent des cultures courantes qu'à la révolution. Au XIX eme siècle le diguement de l'isère libère des terres et assainit la région.

 Les mouvements de population :

Les mariages se font entre personnes des villages voisins. Il en va de même pour les familles qui viennent s'installer à Fréterive :
  • de Saint Pierre : les Basin, Buevoz, Charbonnier, Collomb (des Moulins), Donzel, Estivin, Francoz, Henriquet, Janin, Martin, Riond, Riondy,Sanguet, Vellettaz
  • de Miolans : Blambert, Fraresse
  • de Saint Jean de la Porte : Delorme, Marillier, Miguet, Pernet
  • de Cruet : Gabet, Gachet, Pichon
  • de Grésy : Dijoud, Menjoz, Modelon
  • de Montailleur : Clerc
  • de Tournon : Nicolloud
  • de Aiton, Bourgneuf : Baudry (peut être), Sallier, Vullien (peut être)
  • de  Sainte Reine : Basin dit Collet, Carle, Revollet
  • d'Ecole : Andrevier
  • du Chatelard : Charbonnier dit Clara
  • de Doucy : Collomb, Fontaine
  • de Saint Eustache (74): Simeon
  • d'Ugine : Buchard, Dubettier
Comme on le voit, les mouvements se font entre villages de la rive droite et des Bauges et très  rarement  avec les villages de la rive gauche. Malgré le bac et pont, la vallée marécageuse devait être un obstacle aux communications.

L'émigration :

Si l'émigration saisonnière dans les hautes vallées alpines (Chamonix, Tarentaise, Maurienne, Bauges) s'est développée dès le Moyen Age, dans les basses vallées on n'a pas de traces de tels  mouvements de population. Par contre au XIX eme siècle, on assiste à des départs massifs  vers Lyon et Paris ou dans des contrées lointaines. Mouvements qui peuvent s'expliquer par l'appel de main d'oeuvre dans les grandes villes du à l'industrialisation naissante, par  les transports  qui deviennent plus faciles et l'accroissement des familles que l'on n'arrive plus à faire vivre sur Fréterive. A partir de 1860, les annotations en marge de l'état civil permettent de repérer ces départs. Les quelques recherches que j'ai pu faire montrent que la vie dans ces villes n'a pas  été  très facile.
Quelques cas d'émigration vers les  Amériques sont à noter :
  •     Josette Collomb née et cuisinière à Fréterive, s'embarque pour l'Argentine en 1874, elle s'y       marie, et a deux enfants et une descendence  qui se perpétue aujourd'hui.
  •    Pichon François (né en1871) s'embarque pour les Etats Unis , Alma Santa Clara. La fiche             indique que ses parents Philibert et Garnier Marie habitent San Francisco.
  •     Miguet François (né en 1862) habite San Francisco à partir du 18/3/1886
  •     Miguet Alexis (né en 1857) habite  San Francisco à partir du  16/6/1884
  •     Turrel Gaspard dit  Mathurin (né en 1852) habite Paris puis en Amérique à partir de 1894
  •     Turrel  Joseph Marie (né en 1848)  est signalé à San Francisco

Les recensements

L'état civil nous donne une vision dynamique de la population, l'age du mariage, du décès, la date d'arrivée ou de départ d'une famille. A contrario les recensements nous apportent une image de la population du village à une date donnée. Cette image est d'autant plus riche que le nombre d'informations collectées est lors du recensement est grand (composition de la famille, age des membres de la famille, profession, lieu d'habitation...)

La gabelle du sel de 1561 :

En 1561 un édit  suivi d'une lettre patente ordonne de dénombrer la population et le bétail consommateur de sel (ovins, bovins et caprins). Les enfants de  moins de 5 ans, les pauvres et misérables  c'est à dire ceux qui n'ont ni 250 florins vaillants, ni un métier qui les dispense de mendier. A partir de là, chaque habitant se voit imposer un achat minimum de sel (23 livres 4 once par an  soit 11,4 kg) que le chef de famille doit lever par quartier  (un quartier = un trimestre) et à un prix composé de 60% de taxe. En fait cet impot sera abandonné en 1563 faute de sel.

Ce recensement dont la transcription est jointe, nous donne par hameau, la composition des familles (ou feux)  en commençant par le chef de famille (nom, prénom, pas de surnom à Fréterive mais quelques fois la mention "fils de"), le prénom de la femme, jamais son nom . Puis viennent les enfants les garçons de plus de 5 ans, puis les filles, puis les enfants de moins de 5 ans. Suivent les autres membres de la famille s'il y en a avec la même hiérarchie, les serviteurs et enfin les animaux sauf volailles, cochons, ânes, mulets et chevaux. les pauvres sont identifiés pour chaque hameau en fin de liste

Comme l'objectif est la levée d'un impôt, on peut suspecter des distortions dans ce recensement (distortion sur le nombre d'enfants de moins de 5 ans, le nombre de  pauvres, le nombre de bêtes, d'autant que selon la saison des bêtes sont en estive).

A Fréterive, aucun noble et aucun ecclésastique n'est identifié, alors que  35 nobles sont recensés à Cruet, 46 à Saint Jean de la porte et 10 à Saint Pierre d'Albigny, 5 prêtres à Cruet, 15 à Saint Jean et 17 à Saint Pierre. Les nobles et écclésiastiques de Fréterive étaient-ils exemptés ? difficile de répondre à cette question, pourtant les de Veillet devaient bien occuper la maison forte des Moulins, et le prieuré de Saint Christophe abritait forcément un prêtre.

La population est répartie sur 4 hameaux, la Maserie avec 43 habitants recensés dont 6 moins de 5 ans, 80 au Villard dont 10 moins de 5 ans, 137 à la Fiardière dont 17 moins de 5 ans et 87 aux Moulins dont 4 moins de 5 ans.

Seulement 4 patronymes sont communs avec les patronymes de fin du XIX eme siècle : Fay, Clerc, Rivollet et  Pasquellet transormé en Paccalet. Toutefois rien ne nous permet d'affirmer que ce sont des ancêtres des familles actuelles, d'autant plus que l'état civil nous dit que les Clerc viennent de Montailleur et les Rivollet de Sainte Reine...

Un petit lexique : une vesve est une veuve, ung = un, un pupil n'est pas forcément un orphelin mais plutôt un apprenti, un nepveu et une niepce sont un neveu et une nièce, l'aisnié est l'aîné, fnt abréviation  de défunt, une moge est une génisse.

Les propriétaires de maisons en 1730 :


Il ne s'agit pas à proprement parlé d'un recensement, mais lors de l'établissement de la mappe en 1730, une liste des propriétaires  de parcelles a été établie. A partir de cette liste on peut extraire la sous-liste des propriétaires de maisons. 
On peut supposer que chaque maison abrite une famille ou un feu au sens du recensement de 1561. A partir de la on peut chercher  les évolutions qui ont pu se produire en 170 ans.
En étant conscient  que les données de cette base (voir onglet cadastre) et celles du recensement de 1560,  ne sont pas très précises, la comparaison des deux bases de données  peut être intéressante.
Au hameau des moulins, éloigné  des routes, le nombre de feux est de 23 en 1560,ce chiffre ne comprend pas une ou deux familles de nobles. En 1730, le nombre de maisons est de 29, plus 4 moulins dont on ne sait pas s'ils sont habités. Entre les deux dates la population a sensiblement augmenté, les chiffres sont donc cohérents.
A la Fiardière on compte 32 feux en 1560 pour 25 maisons en 1730. Le contour des hameaux n'est pas précisé en 1560, en 1730 les 25 maisons englobent les lieux dits cave dessus et dessous, la Fiardière, la Fiardière et le pont ce qui parait logique. Le constat est une baisse de population dans ce secteur.
Au Villard on compte 17 feux en 1560 pour 13 maisons en 1730 avec la même incertitude sur le contour du hameau.La conclusion est la même que précédemment.
Par contre à la maserie on compte 8 feux  en 1560 pour 18 maisons en 1730, et là, la conclusion s'inverse, la maserie accroit  sa population .
Par ailleurs des maisons apparaissent sur les hauteurs de Fréterive aux  lieux dits Covarel (4 maisons), les Rochettes (1 maison), Pras frais et cote Verdan(5 maisons). De même à une altitude intermédiaire, les lieux dit  l'Eglise, la Tronche, le Four et les Barlettes sont habités totalisant 35 maisons.
En conclusion, on peut dire sans aucun doute que la population se refugie et s'accroit sur les hauteurs en délaissant les voies de circulation proches de l'Isère. En 1730, toutes les guerres ne sont pas terminées, le dérèglement climatique est entamé mais pas à son apogée, par contre les grandes épidémies de peste sont passées par là, et ont du décimer la population le long des axes de circulation.   la seule expension possible des terres agricoles (prés, vergers, chataigneraies) est en altitude. En conclusion les populations entrantes préfèrent s'installer en altitude là où il y a des terres disponibles et loin des lieux de guerre et d'épidémies.

  Le recensement de 1840 :

Le recensement de 1840, est très pauvre. Le nombre très élevé de familles mononucléaire (composé d'une personne), les champs  du tableau vides laissent penser que le travail a été commencé mais pas achevé. Je l'ai placé là car pas mis en exergue sur le site des archives départementales, par contre je n'ai pas pu l'exploiter.

Les évolutions  ultérieures :

 
  1561 1730 1876
  ménages population maisons ménages population maisons
Les Moulins 23 87 33 33 154 33
La Fiardière
Cave dessous
32 137 25 41 166 40
Le Villard 17 80 13 44 195 44
La Maserie 8 43 18 14 57 14
La Montagne (Covarel, Pras Frais, la Cote Verdan, les Rochettes) 0 0 10 7 32 7
l'Eglise 0 0 18 14 61 14
le Centre (les barlettes,la Tronche,la Servaz,le Martinet, le Carroz, le Four, le Milieu) 0 0 17 52 260 49
Total 80 347 134 205 925 201

Au XVIII eme siècle c'est  le Centre qui est créé et s'est développé tout comme le Villard, sur l'axe de communication avec les villages voisins. Avec le diguement de l'Isère, Fréterive n'est plus un point de passage obligé pour la Maurienne, la Fiardière est moins attractive. Par contre en fin du XIX eme siècle, les hameaux d'altitude restent attractifs. Aux Moulins la population s'accroit sur un nombre de maisons constant.

L'étymologie des noms de famille :

Les patronymes ne se stabilisent qu'à partir de la deuxième partie du XIX eme siècle, même si, ce que je qualifierais de fautes d'orthographe, subsistent. L' exemple le plus courant est le doublement ou non des consonnes comme le c dans Paccalet ou le n dans Janet.
Par contre jusqu'à la révolution les noms subissent des évolutions importantes. Il suffit qu'une personne arrive dans le village ou que le curé change, et  un nom difficile à prononcer sera inscrit avec une orthographe complètement différente. C'est par exemple le cas du patronyme Buevoz, qui en venant de Saint Pierre à Fréterive passe par de multiples orthographes : Boueve, Boeve, Boive..
pour finalement retrouver son orthographe d'origine.C'est aussi le cas de Vullien qui s'est écrit longtemps Veullien. Dans d'autre cas c'est la transformation d'une lettre, Rivollet à Sainte Reine devient Revollet à Fréterive, ou des fioritures du curé comme dans Siméon et  Syméon.
Enfin le dernier cas que je citerai , qui est le plus complexe à détecter pour le généalogiste, c'est la substitution du surnom au nom. Par exemple les Basin de Sainte Reine dit Collet, se sont appelés Collet à Fréterive pendant un certain temps puis Basin ensuite. Les Turrel dit Mathurin sont souvent appelés Mathurin.


   
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